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Road to Freedomhow to win the fight without standing for your rights? 3/14/2007 J'ai le luxe
J’ai le luxe
J’ai le luxe de toucher ce clavier J’ai le luxe de poser des regards lettrés J’ai le luxe de parler avec ou sans vrais sens J’ai le luxe d’écrire un mot parce que je le pense J’ai le luxe d’être là pour sentir la force de mon frère J’ai le luxe de respirer la paix pour maudire les guerres J’ai le luxe d’être révolté pour éviter d’hurler péremptoire J’ai le luxe d’en plus de l’avoir, d’être si certain de le savoir J’ai le luxe de connaître le rejet pour choisir de mieux le bannir J’ai le luxe de transpirer la misère qui m’entoure pour plus la haïr J’ai le luxe de manger avariés pour relaxer cellophanes sur-surgelés J’ai le luxe d’être fréquemment délesté pour priser la chère électricité J’ai le luxe d’être giflé de leçons de vie pour devenir cupide de caresses J’ai le luxe d’abhorrer le jeune dos courbé pour jurer de couper ses laisses J’ai le luxe de louvoyer dans le brouillard pour chercher comment apprendre J’ai le luxe d’être instruit et sain d’esprit pour refuser sa dignité de lui prendre J’ai le luxe de vriller sous la bourrasque pour convoiter les quiète et douce bises J’ai le luxe de toujours porter des habits moites, pour rêver d’une voluptueuse brise J’ai le luxe d’entendre exploser l’orage au pied de mon lit pour trembler dans le noir J’ai le luxe de voir des soirs scintiller la galaxie pour pouvoir en une telle féérie croire J’ai le luxe d’être trempé de pluie jusqu’aux os pour préférer à la frêle tente la tôle du toit J’ai le luxe d’éconduire tantôt princesse chaleur pour faire les yeux doux à son altesse froid J’ai le luxe de travailler en faveur de la dignité pour gronder les mouvantes colonnes chiffrées J’ai le luxe de connaître la vertu de l’eau rare pour même rouillée ne jamais oublier de la savourer
J’ai le luxe de vivre ces mots pour comprendre ce que seul leur vécu révèle 12/21/2006 Nouveau Blog ! Ce blog est toujours vivant, mais en sommeil, peut-être pas hibernation quand même.
Mais je vous propose de me suivre, notamment à Brazzaville (où je pars en février) sur un nouveau blog dont voici l'adresse:
A bientôt,
Nico 11/15/2006 Effet domino: à quand le "Tchadarfour" ?Pourvu que jamais on ait à en parler. Puisse-t-il rester aux confins des geôles noirâtres de l'indicible.
Pourvu qu'il ne voit le jour le "Tchadarfour".
Aujourd'hui et depuis des semaines maintenant, les viols, les meurtres, les massacres en masse, les exactions sans nom commises sans distinction aucune par les milices Janjaweeds sur les vieillards, femmes et enfants du Darfour s'étendent géographiquement.
La zone des "trois frontières" constitue à n'en pas douter nulle autre chose que l'enfer sur terre pour ceux qui y vivent. Le Tchad et la Centrafique pansent quotidiennement les plaies du sang qui se répand sur leur sol. Les humanitaires, devenus depuis longtemps persona non grata au Darfour, s'inquiètent désormais de leur propre sécurité dans les camps de réfugiés extérieurs, notamment tchadiens.
Les fonds promis aux agences des Nations Unies qui tardent à venir, l'insécurité grandissante hors du Darfour et le refus inacceptable et obtu de Khartoum d'autoriser l'arrivée des Casques bleus laisse entrevoir une possible, non pas inévitable, globalisation du conflit. Le risque de voir l'ensemble de la sous-région s'embraser est bel et bien loin d'être une cynique conjecture. Il est là, présent, palpable et patent.
Une force d'interposition, hybride ou non, se doit d'intervenir, avec ou non l'assentiment du président El Béchir et ses acolytes! Ingérence ou pas, le Soudan, membre de l'ONU ne met aucunement en pratique l'impératif de protéger son peuple.
Impératif pourtant catégorique lui incombant aux termes du Document Final du Sommet Mondial des Nations Unies de 2005:
Devoir de protéger des populations contre le génocide, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique et les crimes contre l’humanité
138. C’est à chaque État qu’il incombe de protéger les populations du génocide, des crimes de guerre, du nettoyage ethnique et des crimes contre l’humanité. Ce devoir comporte la prévention de ces crimes, y compris l’incitation à les commettre, par les moyens nécessaires et appropriés. Nous acceptons cette responsabilité et agirons de manière à nous y conformer. La communauté internationale devrait, si nécessaire encourager et aider les États à s’acquitter de cette responsabilité et aider l’Organisation des Nations Unies à mettre en place un dispositif d’alerte rapide. 139. Il incombe également à la communauté internationale, dans le cadre de l’Organisation des Nations Unies, de mettre en oeuvre les moyens diplomatiques, humanitaires et autres moyens pacifiques appropriés, conformément aux Chapitres VI et VIII de la Charte des Nations Unies, afin d’aider à protéger les populations du génocide, des crimes de guerre, du nettoyage ethnique et des crimes contre l’humanité. Dans ce contexte, nous sommes prêts à mener en temps voulu une action collective résolue, par l’entremise du Conseil de sécurité, conformément à la Charte, notamment son Chapitre VII, au cas par cas et en coopération, le cas échéant, avec les organisations régionales compétentes, lorsque ces moyens pacifiques se révèlent inadéquats et que les autorités nationales n’assurent manifestement pas la protection de leurs populations contre le génocide, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique et les crimes contre l’humanité. Nous soulignons que l’Assemblée générale doit poursuivre l’examen du devoir de protéger les populations du génocide, des crimes de guerre, du nettoyage ethnique et des crimes contre l’humanité et des conséquences qu’il implique, en ayant à l’esprit les principes de la Charte des Nations Unies et du droit international. Nous entendons aussi nous engager, selon qu’il conviendra, à aider les États à se doter des moyens de protéger leurs populations du génocide, des crimes de guerre, du nettoyage ethnique et des crimes contre l’humanité et à apporter une assistance aux pays dans lesquels existent des tensions avant qu'une crise ou qu'un conflit n’éclate.
Cessons les atermoiements! Soit la diplomatie est opératoire et débouche sur une solution recevable. Soit aucune autre option que l'envoi d'une force de maintien de la paix -n'en déplaise au discours douteux de certains humanitaires- se devra d'être mise en oeuvre! Le silence et l'oubli de l'horreur ne doivent plus coudre nos lèvres, fermer nos yeux, et boucher nos oreilles. Alors agissons! Et agissons sans plus tarder! 11/11/2006 Nicotine argentéeRouge vif et orange flamboyant. Ses couleurs ne s’offrent à l’œil qu’un court instant. De sa pointe agonisante jusqu’au pied de son tronc encore bien portant, elle se consume sous l’effet des savoureuses insufflations. Délice des poumons. Délicatement incrustée dans l’interstice des lèvres, elle libère l’apaisant air abscons et tourbillonnant. Le cyclone opaque flue, reflue, et fluctue. De la commissure rosée jusqu’aux alvéoles charbonnées il navigue et dépose son parfum envoûtant. Et puis, dans une expiration toute naturelle s’envole en fumée argentée rejoindre l’air pur encore non inhalé. Rouge sombre et orange moribond. Son cœur fatigue et s’essouffle au fil du temps. Le sang terreux n’a d’égal que l’argent qu’il a dépensé. Le voilà bien mal en point. Point de mal pour lui qui encore voit. Ce dispendieux poison est-il l’hameçon ou le poisson ? Aveugle en devenir, il n’aura le temps de l’être, ses poumons auront avant donné raison à l’ardillon. La pièce quant à elle se joue de lui. Elle le contrôle et l’excite. Telle la cuillère qui rend folle la truite, l’argent le noie dans une complaisante hérésie. Qu’il est bon de vivre opulent songe le nanti bienfaisant. Se savoir rentier d’une société asphyxiée est d’une jouissance inénarrable. Il a l’arable, le fait fructifier, c’est inné. L’OGM modélisé est sa baguette, il la tient fermement. L’illusion est créée. L’humain massifié se laisse berner par ce miroir aux alouettes. Girouette qu’il est, il gonfle sa voile au gré du vent argent, l’Eole à la parure dorée. Déréglementation pour un libéralisme tout puissant, son leitmotiv incessant. Dérèglement du système abrutissant, sa phobie de tout moment. Mais oui la forêt se réduit et les vents n’ont plus d’allant. La cigarette va s’éteindre, et l’air pur lui est devenu étranger. La catharsis ne semble possible qu’à travers une nouvelle respiration. Thérapie nouvelle d’un monde exsangue de solidarité, l’air de fraternité est bel et bien le seul remède à une Terre essoufflée par l’individualisme exacerbé. La quête d’une ère prospère ne se fera par d’autre biais que celui de placer l’humain comme unique fin et non pas comme un vulgaire moyen. 9/10/2006 17 septembre: une journée parmi tant d'autres, une journée pas comme les autres Salut à toi,
Le 17 septembre, un jour ordinaire, rien de particulier au programme télé. C'est triste mais c'est bien vrai. Les médias braquent leurs caméras là où les oléducs brûlent sous les explosions.
Le désert ouest soudanais exsangue voit sa population mourir à petit feu, au vu et au su de toute la communauté internationale. Le comble dans tout ça, c'est que l'opinion publique mondiale ne reçoit que de trop rares brèves informatives à ce sujet. Les nouvelles tombent avec une parcimonie proche de l'avarice. Combien de centaines de milliers de morts faudra-t-il pour que l'on prenne vraiment la mesure de ce qui est en train de devenir le 1er génocide du XXIè siècle?
Alors, le 17 septembre prochain, soyons tous Soudanais et Tchadiens pour refuser qu'aujourd'hui ne se répète au Darfour en d'éternels lendemains.
7/25/2006 Evanescente nuit d'étéPetits pas, longue marche. Entre chiens et loups, à l’heure où les chats se cachent, je bats le pavé à tes côtés. Nuit d’été aux parfums de passé, comme la Seine, sous les ponts nous avons vogué. Bercés par le dôme étoilé, sur les toits nous avons embrassé Morphée. Retrouvailles pré---méditées pour destins entrelacés. La peur de demain n’est qu’un tout petit rien, à peine plus lourde que l’un de ces milliards de grains. Tu bâtis au quotidien un dessein serein afin de t’éviter de sournois lendemains. Kipling t’a longtemps ressassé la fragilité démesurée de la plus imprenable des citadelles fortifiées. Tu crois, mais tu doutes. Tu espères, mais tu crains. Tu connais le poids de l’or entre tes mains, et moi je ne doute de la magie d’aucune de tes phalanges. Les doigts sont faits pour être entrecroisés. Les siens siéront aux tiens, alors poursuis ton chouette et chahuté chemin.
Merci l'artiste londonien 7/22/2006 SOS Darfour Un Rwanda, ça suffit pas?
Bougeons nous pour éviter un nouveau génocide!
L'oubli est la pire des menaces, alors ouvrons les yeux, et réagissons: http://www.urgencedarfour.org/ 7/7/2006 La poudre aux yeux d’orIl y a cinq ans, ils ont débarqué. Armés jusqu’aux dents, ils ont fait feu, abondamment. Leur mentalité de destruction massive, n’a pas fait dans le détail. Les canons des tanks qui crachaient leur vociférante haine meurtrière n’ont opéré aucune distinction. C’est la boucherie. On tire dans le paquet. L’argument « promotion de la liberté » autoriserait qu’on ôte la vie au plus innocent des enfants. Murs de terre réduits à l’état poussière par le noir de leur poudre à explosion. Le pastel vieilli des guérites, et l’ocre noirci des maisons seront bientôt recouverts d’un rigoureux manteau blanc. L’armée de la bannière étoilée n’en a que faire, elle est venue dit-elle apporter la liberté. S’autoproclamant gendarmes planétaires, les fusils texans ont pour mission d’aller loger, au nom d’une liberté immuable leur subreptice rancœur. Plus qu’un objectif de sécurité internationale, il s’agit véridiquement d’un impératif de fierté nationale. Kant translaterait en un impératif catégoriquement économique. Les ennemis de l’oncle Sam sont tombés. Mais pas tous. Certains ont échappé au feu nourri des canons sciés. Devenus depuis le déluge explosif des B-52, troglodytes retranchés dans les cavernes de l’Hindu Kuch, ces ermites improvisés regagnent aujourd’hui du terrain, et investissent à nouveau les artères des citadelles les plus urbanisées. Délaissant petit à petit leurs acropoles montagnardes perchées. Parmi ces défenseurs d’une vision de la femme fondamentalement réduite, on trouve des indigents, des mécontents, des éclopés du conflit récent. Sans oublier, des érudits, des nantis, et bien-portants. Cette minorité de plus en plus bruyante renoue avec les macabres coups d’éclats, im-médiatement relatés sur les écrans du monde entier. Le souffle assourdissant de l’explosion scélérate, imprévue et imprévisible devenue quasi-hebdomadaire rappelle que l’on doit encore compter sur elle. D’autres, à défaut de reprendre les armes, qu’ils n’ont jamais vraiment déposées dans leurs repères d’altitude, sont partis vers d’autres latitudes. Géographiquement toujours proches, mais professionnellement éloignés. Ils ont troqué le fusil pour la bêche. Ainsi participent-ils à la ronde des acteurs. Hier, c’était l’ennemi à qui ils achetaient la poudre et l’acier. Aujourd’hui, c’est à lui qu’ils revendent la quasi-totalité des fruits que leur Alta Mater leurs a transmis. La religion, opium du peuple ? Pas si sûr... Le pavot, lingot de quelques cultivateurs persans. Plus assurément. On observe même quelques atypiques comportements. La manne venue de terre détournerait-elle les esprits réputés pourtant les plus fidèles ? Dionysos ferait-il concurrence au Tout-puissant ? Mais la poudre blanche, provenant du premier narco-Etat de la planète, est en libre circulation en plein Schengen, comme à la nouvelleYork. 87% de la production mondiale du sable fin immaculé provient de cette région. Les Etats pas plus que l’ONU ne semblent enclins à mettre à bat ce commerce florissant. On met à sac, sous l’œil des caméras forcément, quelques champs ça et là. Mais rien de sérieux. La société civile a beau de s’affairer à panser cette plaie qui saigne et rend plus exsangue le pays, elle s’évertue pour peu de chose. Gouvernance, maudite gouvernance. Les anges de la corruption te louent à mots couverts quotidiennement, alors que s’agitent trop rarement tes petits démons, les promoteurs essoufflés de la transparence. L’or blanc, qui se vend comme des petits pains et à prix d’or dans les rues des grandes capitales occidentales, fait bien sûr de silencieux ravages. Chemin faisant, les pays qui en ont les moyens créent des services entiers, dans des hôpitaux flambants neufs pour soigner ces nez trop poudrés… En attendant, alors que des sommes astronomiques sont dépensées à acheter un matériel dispendieux, et à payer les médecins de ces services spécialisés pour humains privilégiés, combien de personnes s’éteignent dans l’anonymat d’une journée ordinaire aux quatre coins du monde, faute d’avoir reçu les soins les plus basiques ? Donne moi ta poudre, je te donne mes canons, je pourrai sauver mes concitoyens, mais je laisserai crever les tiens. Cette poudre qui fait tourner la planète tient la dragée haute dans la course à la perdition individualiste. Elle remplit chair et cimetière sans considération de frontières, et pourvoit à une dynamique excellemment contraire à la formation d’un citoyen d'un monde solidaire.
6/26/2006 Ba benen yoonWokhtou tagoo diot na. Son benen yoon e, di na la wokh ni nga ma yokee khel. Tey bayil ma wokh la reck:
Di na gnou dess di dioko 6/23/2006 Haro sur haloL’halo est dans les gènes, inscrit dans chaque élément de la sempiternelle chaîne humaine. Pas le temps de prendre la peine, il s’immisce dans notre ADN dès la division cellulaire. Doré comme l’épi il est coincé dans le derme, enfoui dans la chair. L’halo est sans gêne, fierté désinhibée des aspirants mégalos, bo-bos à la vingtaine artificiellement pétillante ou quinquas en mal de jouvence élixirée. Ampoule, spot, projecteur, poursuite, flash, vous êtes leur lumière. Déesse lumineuse, ils Vous cherchent, Vous louent, Vous idolâtrent jusqu’à en crever. Hier, aujourd’hui, demain et à jamais et pour toujours, ils vivent pour Vous. Phare de leurs errements Vous leur rappelez quotidiennement le credo catalyseur de notre société désidentifée, cette bulle asphyxiante anonymatisée : sortir de la foule pour briller et exulter. Difficile de s’extirper des griffes des fauves écervelés. Aussi sournois les uns que les autres. Ils sont tous autant emplis de cette cupidité indéfectible de reconnaissance dans les yeux de ceux-là même qu’ils jalousent officieusement, à qui ils sourissent perversement, sur qui ils vomissent hypocritement. Mais qu’ils tentent de leurrer par des ersatz de lueurs, allègrement. L’halo n’exclut personne, à chacun comme à tous il donne. A certains plus qu’à d’autres. Les gros poissons mangent les petits, je ne vous apprends rien. Les drogués de la consommation quotidienne surdosée de subliminales images aveuglantes se noient dans leur propre hérésie de vie, et en oublient, fort logiquement, non pas légitimement, de partager. Ah l’eau, c’est comme la lumière, ça coûte cher. L’halo a un prix. Eh oui. C’est comme ça la vie (NDLR : correction : c’est comme ça la vie aujourd’hui) ! L’étiquette interdit la quête. La main tendue se referme vide. Le bambin de quatre ans qui sur le trottoir n’a d’autres lumières que celles du soleil et de son cœur, est le petit alevin secoué par les vibrations d’eau des requins. Circule, y’à rien à voir. C’est plutôt clair, il fait noir. Alors dehors ! Petit homme, éloigne toi de cette fausse lumière, ces halos nus de sincérité, ces projos mus de mensongère humilité. Détourne toi des lauriers qu’on voudra bien te lancer, ils ne seront que lueurs de démagos. Leurs puits de « bravos » sont nourris des pluies de ce dévoyé « là-haut ». Misérabilisme, manichéisme primaire, hurleront les yeux brûlés. Messieurs s’il vous plaît, vous saurait-il gré de posez sur votre nez, une paire de verres fumés ? Il paraît que dans le noir, les aveugles développent de surprenantes facultés. La solidarité pourrait-elle devenir un sixième sens ? 6/20/2006 Réduction rétinienneLa cécité me gagne lorsque ma vue se perd devant ces cités d’enfants au destin mortifère. Il faut que je tourne la tête, que mes yeux cooptent pour une vision plus idyllique, je leur ordonne d’imaginer des tours toutes de verres bâties, des Babel vitrifiées, fontaines à dollars aseptisés de pollution paupérisatrice. Je créé des canaux ici, là-bas je noie un village pour construire un barrage et électriser ma monnaie. En aval j’élargis le lit de la planche à billets, en amont, je prends le soin de réduire le débit du torrent fiduciaire. Je règle les flux des investissements, je gère les courants des licenciements. Mon dogme originel : satisfaire les actionnaires. Ponctionnaires, sages administrateurs discrétionnaires. Robes et Pierre sacrés compères, à eux deux promoteurs de l’économique Terreur. Avec une jouissance non dissimulée, mes maîtres, véritables despotes népotismés, brillants faiseurs de lacrymogènes douleurs, tirent gaiement les ficelles des marionnettes de notre petite planète. Minuscule me paraît-elle cette Terre. Malgré tout, il me faut la contrôler, plus encore. Dominer chaque parcelle de terre, par tout moyen, partout, je dois être propriétaire terrien. J’ai planté les piquets de Rousseau, Jean-Jacques ironise de là-haut. Immense est la misère, source intarissable grâce à laquelle j’abreuve quotidiennement mes fidèles clients, les iris toutes puissamment monétarisées. Cette eau rare et chère qui inonde les nordistes champs fait cruellement défaut au sud aride et craquelant.
Qu’importe notre équipe marche du tonnerre, la foudre tombe tous les jours, et c’est à chaque fois le jackpot. Les piécettes que ma servile main d’œuvre se tue à péniblement rapporter au minable foyer, qui ne sont que l’excès de ma générosité hypertrophiée, coulent à flot droit vers mon coffre et sans discontinuer. Que faire me dis-je un peu blasé devant tant de facilité ? J’esquisse un semblant d’interrogation. La pupille n’est plus diluée depuis des années. Verrai-je trouble ? Oh que non. Ma rétine chagrinement réduite, corrige cette inhumaine hésitation, et voici que je repars de plus belle. Le regard affûté, je prends une pièce de monnaie, et rejoue à la machine trafiquée.
Mes yeux fatiguent à force d’encaisser. Je… Qu’y a-t-il d’écrit ? Cette inscription* juste ici, si près de moi, mais, pourtant… ? Quoi c’est juste là, au pied de la machine, non, vraiment, je n’arrive plus. Fichtre, impossible de lire… Qu’importe, je rejoue… Encore, et toujours ( ?). *L’usage ininterrompu de cet appareil peut entraîner une surchauffe dangereuse, pouvant causer des dommages irréparables. 6/16/2006 DiversalitésC’est toi qui m’apprends que tu m’as pris. En me prenant tu m’as donné, tu m’as comblé. Tu ne me l’as pas dit, tu ne sais même pas comment, mais dans ton silence tout se lit, tes non-dits sont parlants. Ignorant que je suis, je me plaisais à prendre, comme les pseudos sceptiques de la masse hébétée, avec recul les on-dit cathodiques, l’encre médiate des périodiques, le brouhaha radiophonique. Ces messagers ne sont pas mensongers, soyons sain et pas phagocytaire, même si pas fin connaisseur, et reconnaissons que leurs fenêtres sur la rue, la ville, le monde sont plutôt d’utiles outils pour savoir que passa sur l’agora. Même si erreurs et inepties dévoient parfois des papiers déjà maladroitement ficelés, ne faisons pas leur procès, évitons de ressembler aux brimeurs primaires, ces briseurs d’air, saluons plutôt leur travail fait d’ardeur et de peur.
Pour autant leurs efforts de forçonnés pour ne faire fi de rien, seront inexorablement vains. Vin n’est apprécié que quand il est goûté. La vie est un cépage aux multiples pieds. Pour te connaître toi, inutile de te lire ou de te télé-viser, il faut juste viser, et viser juste, ne pas se tromper d’avion au décollage, et venir te fouler. Et puis. Se laisser apprivoiser. Tout simplement. Ici diverses sont les réalités. Et si A devenait Z ? L’alphabet glossologisé une universalité ?
Les images innées qui, quand je pensais à toi, naissaient en moi et apparaissaient tronquées par leurs laissez-pensez pré-mâchés, sont je crois bien à jamais annihilées. Réalité tu t’accoles à moi, comme une école de quelques mois aux leçons éternelles. L’alcool mature selon ses lois. Les tiennes, toi seule détiens la clef de leur écrin. Je ne cherche pas à l’ouvrir, mais tente simplement aujourd’hui de découvrir ces désirs insufflés et demain d’assouvir ces d’à-venir projets.
Tu saignes, mais tu m’enseignes. Ce taudis là se fait professeur. Son maudit toit cache la lueur.
Apprendre à ne pas être prix, jolie leçon de vie. Simplicité. Rien d’autre à rajouter.
5/22/2006 Les flots de la faim
Ce matin là, la haute toile grisâtre et moutonnée d’éclaircies effilochée résistait encore aux assauts du soleil mal réveillé. Les reflets qu’offrait son miroir liquide et mouvementé sur lequel la pirogue se lança épousaient ses formes et couleurs : désordonnées et ombreuses.
Parfait fendeur de flots le bois de la proue transperce les eaux agitées et assure au reste de la structure le minimum de stabilité nécessaire pour chevaucher les remous iodés.
Après quelques minutes de sauts d’eau en air et d’air en eau, les ondes brisantes sont à présent derrière. La chaloupe n’a pas tremblé, aucune des stries de son bois n’a vrillé. La coque biseautée joue désormais à saute-vallon.
Ces montagnes mouvantes naissent et disparaissent. Elles vont et viennent, ici, devant, derrière, là et là-bas. La côte se dessine puis s’efface. Le rivage ressurgit, mais sitôt découvert, il s’évanouit à nouveau. Les arrêtes se font courbes, majestueuses et généreuses, pas moins fourbes pour autant. La pirogue grimpe à une vitesse saisissante, et replonge de plus belle. Les courants et les vents insufflent creux et lèvres. L’air est partout énergisant. Et à toute allure il dessine d’évanescentes dunes d’eau et propulse celles-ci à une célérité telle que le kérosène n’affiche aucune résistance. Les déferlantes hautement dépressionnaires sont trop rapides pour le bois ngorois.
L’horizon oscille en une suite désarythmètrée, ligne alambiquée vers laquelle la demie amande boisée pointe son nez et progresse entre cols et vallées. Seul objectif : prendre le large. Mais voilà, que là-bas, voici qu’au loin, venant de nulle part et trouant ce tableau secoué, apparaît une chaloupée à la taille hypertrophiée. Plus grande, plus large, plus sombre. La pirogue la perd de vue, puis l’entraperçoit une nouvelle fois, le temps d’un instant seulement.
Rien n’est clair. Pas de brouillard, mais pourtant la circonspection est au rendez-vous. Toutes les embarcations à l’eau axent leur barre vers l’océan, pourtant au lointain ce vaisseau semble vouloir rejoindre la terre. A bord, pas un pêcheur, ou deux. Pas même trois, ni quatre. En réalité : aucun pêcheur, et pourtant une centaine de silhouettes se laissait deviner aux yeux du biseau boisé.
Soudain, surgissant d’entre deux creux, à quelques mètres, une énorme embarcation s’impose. L’absconse et mystérieuse tache sombre, désormais proche, révèle sa nature. Ils sont presque cent effectivement. Des hommes essentiellement, quelques femmes au milieu des rangs, aucun enfant.
Ce que la pirogue s’était laissée penser est avéré. La réalité est telle qu’elle était imaginée. Spectaculaire scène aux indescriptibles émotions. Le bois frissonne de toutes parts. Ces regards échangés en transcendent toute l’armature. Face à elle, quelque cent hommes et femmes, entassés, les visages fermés, les yeux non éplorés, mais non moins attristés. Le désespoir se lit dans chacun de ces yeux à travers un rare et violent silence.
Ces compagnons d’aventure, sont devenus compagnons d’infortune. L’embarcation menée par un passeur qu’on confondrait presque avec un gondolier vénitien, est le recueil des illusions déçues. Le passeur leurs a probablement offert un ‘visa pour le rêve’ une fois les économies de chacune de leur vie encaissées. Malheureusement, après six jours de mer en route pour la ‘terre promise’, la croisière s’est interrompue. Plutôt que de tenter le diable, le gondolier transcontinental a préféré, rebrousser chemin, ne pas se risquer au funeste destin que connaissent régulièrement ces galères des temps modernes.
Alors les voilà de retour. La terre dont lentement ils se rapprochent n’est pas portugaise, espagnole, française ou italienne, c’est celle de l’Afrique, celle du Sénégal, celle de Dakar. Où vont-ils accoster ? Sans doute loin des complexes touristiques pour voyageurs fortunés. Dans quelle crique désertée ? La pirogue ne le sait pas.
Ce que seul elle sait, lit, et ressent, c’est cette tragédie de vie qui s’exprime dans toute son intensité en cet instant atemporel, à travers, et en chacun de ces candidats à l’exil. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir... Le seul espoir qui les fait vivre, c’est de fuir. Fuir, là où ils sont nés, cette terre qui les a construits. Fuir ceux qu’ils aiment et dont leur cœur ne peut se passer. Fuir tout ce qu’ils sont, tout ce qu’ils ont.
Rompre avec leur vie, contraints. Jouer avec leur vie, forcés. Payer de leur vie ce risque, prêts à. De vivre une ‘vie meilleure’, assoiffés. Assoiffés de ne plus avoir soif, de ne plus avoir faim.
Cette faim, en verra-t-on un jour la fin ? Cette faim inacceptable fera-t-elle partie de l’Histoire ?
Toutes les 5 secondes. 1, 2, 3, 4, 5 : Merde! Merde pourquoi ? Merde à ce monde qui n’a pas écouté ce frêle cri désespéré. Toutes les 5 secondes. Un enfant. Quelque part. Sur cette terre. Meurt. Toi qui liras ces lignes, tu ne fais pas partie de ceux là, rassure toi. Non vraiment, très peu de chances pour que tu viennes inscrire ton nom à ces sinistres statistiques.
Notre société planétaire a les moyens de nourrir chacune de ces bouches affamées. 110 francs CFA, c’est ce que coûtent les 3 repas délivrés quotidiennement par le PAM –Programme Alimentaire Mondial.
Moins de 2 centimes d’euro suffisent à rassasier un enfant décharné pour toute une journée. Mais 2 centimes d’euro, c’est bien trop cher. Acculés dans la misère, des enfants qui voient leur père fuir la faim au gré des flots incertains, n’ont plus assez de force pour pleurer. Aujourd'hui, plus de 17 000 enfants expireront.
Ces lignes ne sont pas un cri de révolte esseulé et passager. Ces mots ne changeront le monde en aucune façon. Peut être simplement auront-ils suscité une once de réaction en toi qui les lis. Quelque soit la nature de celle-ci, tant mieux.
Il n’y a de leçon à donner ni d’imprécation à décerner. Peut être simplement une invitation à s’engager...
5/11/2006 La soie de tes yeux
Là bas en Europe tu sais les gens sont habillés de la tête aux pieds. Ils portent toutes sortes de redingotes parfois des plus extravagantes aux plus inutiles. Même quand les rigueurs du climat de l’exigent pas, il est recommandé à qui veut paraître pour se faire respecter, de se vêtir selon les règles de l’éphémère mode télévisée.
D’autres, forcément, se sentant menacés par la cleptocratie sous-jacente des entreprises de prêt-à-porter ou bien peu envieux de ressembler à leur voisin de palier vont tenter de se démarquer du troupeau. En réalité, malgré leurs efforts immodérés, ils n’esquiveront pas la spirale du métier à tisser ‘made in fashion’ estampillé. Ils ne réussiront qu’à s’offrir le pittoresque luxe de se battre au sein d’un autre dédale à la concurrence.
Certes pas celui des firmes d’assemblage de tissus importés aux prix plus bas que bon marché réalisés par des petites mains surexploitées. Mais celui du tourbillon de la dépense la plus folle à s’en vider le porte monnaie. Exquise saveur que de devenir propriétaire, du rare, de l’introuvable, mieux encore, de l’unique.
Accoutrement hors de prix, mais sans autre valeur que celle de l’illusion. Là bas en Europe, on s’habille pour se protéger, pour s’identifier, pour s’exprimer.
Chaque habit est régulièrement lavé, repassé, plié. Porté, sali, relavé. Reporté, troué, jeté. Les saisons n’ont plus raison de la pluie et du beau temps. Ce sont les collections qui font et défont les saisons.
Là bas en Europe il est bien savoureux pour l’original de son temps, se croyant -absurdement- à contresens des courants de la mode, de se délecter du plaisir d’être à l’envers de l’endroit. Porter la minijupe du couturier en hiver et la fourrure du braconnier l’été, c’est effectivement immanquablement (é)patent d(‘)e (in)cohérence… D’ici loin, tu ne comprends pas très bien le sens de ces circonvolutions du climat et de l’humeur vestimentaires. Y a-t-il finalement quelque chose à comprendre ?
Tu sais, je crois, qu’eux-mêmes ne savent même plus à quel saint se vouer, à quelle enseigne lâcher quelques billets : Gucci, Klein, Dior, … ? Trop de choix, difficile de s’y retrouver. Plus bas, la masse.
Fourmillant dans les allées cirées des centres commerciaux, ces antres à modélisation uniforme des corps et des esprits, elle prend sans cesse un plaisir inassouvi à s’offrir les chutes de tissu, rebus et autres invendus que les ‘grands créateurs’ auront bien voulu léguer aux chaînes à habiller qu’envahit chaque week-end le peuple à l’insatiable empathie de strass et paillettes. Ici, rien de tout ça. Pas de faux-semblants d’expression décomplexée en subreptice mal d’identité. Exit l’opulence d’apparat.
Ici, authenticité. En dépit de quelques signes précurseurs annonciateurs ça et là de l’arrivée du matérialisme-roi. Ce tee-shirt noir est ton habit quotidien. Troué à l’échine, taché sur le devant, il résiste pourtant, voilà déjà plus d’un an. Surprenant ? Pas vraiment. Tu lui accordes simplement un tant soit peu plus de valeur que tes semblables de la Terratouvendra ne le font avec les occupants ensardinés de leurs armoires à vêtements pleines à craquer.
Une valeur, pas mercantile ni d’artefact, mais celle d’un travail dûment accompli au prix d’heures d’âpre labeur. Cette valeur, elle se distingue aussi entre vos regards.
Là bas en Europe, la soie couvre la peau des nantis aux yeux acérés.
Ici loin, ton paletot part en lambeaux, et pourtant, tu portes dans tes yeux le plus soyeux des tissus, celui là, que même eux nulle part ne parviennent à trouver. Ton regard de caresse ne défile sur aucune piste de flashes brûlée, pourtant il dispense des leçons d’une ivresse démesurée...
Tu sais au fond, la soie de tes yeux sera toujours plus belle que le soi dans leurs yeux.
4/30/2006 Uniquement tous
Parce qu’aucune de nos vies n’a de pareille, et que chacun de nos êtres est différent, nous sommes uniques. Truisme sans égal, cette assertion est pourtant bien vraie. Uniques, tous. L’alter ego, paradigme imaginaire, n’est qu’émanation de la pensée évanouie des heures de chimère. Personne ne peut se réclamer le clone de l’un de ses condisciples. La copie conforme, n’a pas droit de cité en matière d’humanité. La seule et unique chose, qui rassemble et transcende, sans tempérament aucun, chaque être humain, est son égale originelle dignité. Bafouée ou avilie, celle-ci subit parfois l’affront de bourreaux. Notre actuelle société pousse nombre d’entre nous à passer tête –bien- baissée sous ses fourches caudines. Combien de réalités mortifères assombrissent, aujourd’hui encore, la dignité dont Chacun est empli -de par sa seule condition d’être humain? Inscrits dans le marbre, les principes de nos grandes déclarations, ont quelque peu vieillis. Les traits saillants de lettres gravées par le burin du sculpteur, se sont polis, naturellement, érodés avant même d’être appliqués. Non, il n’y a d’aporie en cela. La nature humaine est une habituée des élans catalytiques d’espoirs démesurés, après s’être rendue à la fois coupable et victime de l’horreur insensée. La dignité, seule, est le principe matriciel de tout autre droit. On a si souvent tendance à l’oublier. L’oublier, ou… l’occulter ? Soyons de bonne hygiène intellectuelle, et reconnaissons-le, certains, d’eux-mêmes, se font sciemment amnésiques. Porte ouverte à tous les travers, et abjections sans nom. Putain… Rappelle toi d’où tu viens. Souviens toi que pour tous, comme pour chacun, avant de voir la lumière, ça été 9 mois, logés, à la même enseigne. On est tous de cette même condition humaine. Alors pourquoi t’obstines-tu à vouloir dresser celui qui t’est différent comme une menace, un danger, un ennemi ? Railleries, humiliations, et dénigrements essaiment le quotidien de tous contre tous. La différence est ce qui nous fait vivre et attire. Ambivalence sans borne, elle est également celle qui nous effraie et nous pousse à l’affrontement. Tout combat entre deux êtres n’est irrémédiablement autre chose que le reflet patent d’une insuffisante volonté de compréhension, d’un manque certain d’acceptation. Accepter, et se nourrir de l’altérité pour vivre unis dans la diversité. Tendre utopie certains s’empresseront d’hurler. Aussi, permettez-moi messieurs les artisans de l’égoïsme, façonniers de la haine et du rejet, de vous répondre en vous posant une simple question. Pour que jamais ne soit sonné sur cette Terre l’hallali de la dignité humaine, peut-être une once d’utopie est-elle nécessaire ? Ces mots d'Eduardo Galeano pourraient-ils, éventuellement, éclairer vos esprits de cynisme noircis? « L’utopie est à l’horizon. A ta santé l’humain… |
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